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29 avril 2014

QUELQUES GOUTTES DE LUNE

Ce matin je caresse du regard les façades de mon village sortant à peine de leur léthargie matinale, celles que j’apprends à redécouvrir lorsque les anges de la nuit échappés de l’ombre marquent encore les trottoirs de leurs empreintes.

Mais je n’ai rien trouvé de mieux pour entreprendre l’impensable que de feuilleter mes feuilles virtuelles, si lointaines, si proches à la fois. Et puis surgissent des rebus d’idées à la périphérie de mes élans, des restes où à l’époque il me fallait boire, manger, et puis aimer pour occuper l'espace satisfaction. Je remplissais mes heures de bric et de broc en attendant !

Tout s’entasse sur le pourtour de ma raison pour une projection de ce moi-même sur cet écran devenu mon allié. J’ai du mal à écrire et j’ai du mal à m’inscrire dans le quotidien. Je végète, je transgresse, je touche et parfois coule. Mais ce n’est rien, juste des moments suspendus sur une partie de vie laissée à l’abandon.

Alors, à l’image de mes désirs, quelques perles de piano tombent sur une histoire douce… sauf qu’à cet instant précis le levant ajoute quelques grammes d’or sur les façades qui veulent enfin sortir de l’anonymat.

 

Savall d’Arvo

26 avril 2014

L’INÉPUISABLE RICHESSE

C’est comme une pièce qui s’en va et qui revient, tout comme mes souvenirs qui me laissent entendre qu’il s’est passé quelque chose un jour ou deux, à moins que ça soit quelques années ? J’aurais voulu que ma dernière histoire soit fascinante et non improvisée alors que l’absurde a failli me faire basculer sans laisser de trace.

Tu sais, le présent est problématique pour tous, et que dire de l’avenir qui s’annonce plus que douteux ? Mais quelle que soit le chemin que tu choisiras, tu rencontreras des disgrâces que tu devras absolument franchir car il n’y a guère que la volonté affirmée d’avoir une vie passionnante et passionnée pour aller au-delà de ce que tu crois être tes limites.

« Les adaptations douloureuses sont toujours inutiles »

Savall d’Arvo

23 avril 2014

FRAÎCHEUR FANEE

Sur ma vieille bécane dépourvue de blocages, le long de mes collines ensemencées de caillasses, j’aurais voulu t’expliquer le monde et ma gratitude pour m’avoir engendré, mais aussi la rosée d’une origine et l’arc en ciel étourdissant de clarté.

J’aurais voulu te guider vers la beauté et la bonté, mais tu as préféré mettre ton âme en jachère en me sommant de lâcher prise pour te laisser aller vers une ballade inquiétante.

J’aurais voulu m’installer contre toi dans le prolongement de la surface des êtres, ne rien savoir de leurs abysses ou de leurs vagues intérieures, mais durant ton absence, je n’ai pu résister aux vents qui les amènent… alors, moi aussi, autant laisser le vent m’emporter !

Mes mots me sont donc revenus sans trop d’échos, cabossés par les impasses de ta vie en rupture de couleur et tes passages arrangés aux nuances fragiles.

Et depuis, les roues jumelées de ma petite reine ont fini par abdiquer…

Savall d’Arvo

19 avril 2014

L'ALCHIMIE INTIME

Las d’être bluffé, je plonge dans le passé et me souviens. L’image se gâte. Je te regarde. Je te scrute, te décompose. Tu es là, je le sais, tu me regardes, tu me tentes et me laisses dans le suspens sous le récurrent prétexte que tu ne peux rien faire d’autre... Rêves-tu d’un paradis ? Au moins une île dépourvue de tumulte où règne la paix. Tu geins sur une existence que parfois tu méprises, tu négliges sans vergogne celui qui te flatte.

Tu parviens à inonder mon quotidien de ces petits riens qui me ravissent, me déstabilisent et me confortent dans l’idée que je ne suis pas le seul à vouloir être aimé. Tu as le monde à portée de main puisque tu as le savoir être et l’éloquence de celle qui cherche, mais tu as la flemme de vivre mieux !

Des mots et des mots alignés sur cet écran blanc que je cherche à combler. La consistance du rien et du presque vide qui m’obsède à chacun des tournants de ma vie, à chacune de mes mésaventures, de mes mésalliances avec le besoin de devenir autrement.

Alors partir, partir plus loin, l’esprit décollé, à me décoller de moi-même parce qu’aujourd’hui je veux rêver et m’inspirer de la beauté sans ramage pour qu’enfin mon futur ait ses chances.

Savall d’Arvo

18 avril 2014

NOCES DE COQUELICOT

Ce n’est en rien un règlement de compte, ni une image mystique balayée par un crayon de lune. Non, je tente tout bonnement de mettre en lumière ce sacré quotidien qui finirait par se faire ronger par le banal si je n’y faisais pas gaffe !

La survie qui fait de la résistance. Le labeur qui pille le temps et la conscience. Les inventories qui fleurissent et menacent. Le regard visible malgré tout. Le soleil tape et les coups aussi. Et l’amour, oui surtout l’amour, le grand Amour, pour ceux qui n’auraient pas encore compris que pour mieux contempler, il est la plus solide des cannes blanches !

Hélas, la vie, celle qui nous piste et nous éprouve, prend son rythme où elle peut et comme elle peut, mais se prend trop souvent les pieds dans le tapis flétri d’un destin plus fort que tout. Alors l’espoir grisaille se teinte de bleu pour résister à la clandestinité.

Moi qui voulais changer ton monde, finalement je ne sais même pas si je suis parvenu à l’adoucir un peu ?

Décidément, « on ne nait pas homme, on le devient »

 

Savall d’Arvo

16 avril 2014

COULEUR RESINE

Il faut que vous me lisiez, si vous m’en faites encore la grâce, en ayant à l’esprit que nous avons tous, quelque part sur cette terre et plus précisément en nous une chapelle séculaire, mais aussi une vallée, une colline, un bord de rivière que nous connaissons mieux que quiconque et que, pourtant, nous ne finissons jamais d’arpenter avec un seul but : « celui d’éplucher nos propres archives »…

Parfois, je dois vous l’avouer, il me semble que mes récits sont comme une fantaisie crénelée au milieu d’un nulle part, souvent embrasés, quelque fois fantaisistes et aussi rêches qu’une « marche à contre sens », mais lorsque je suis au sommet, je vous assure que la vue est superbe !

Essayez donc, et j’en serais ravi, de garder au cœur quelques-uns de mes troubles et surtout ces fameuses envies d’aperçus qui peuvent se prolonger sur un ailleurs...

Au fait, si vous aviez comme c’est troublant d’apprivoiser ainsi son existence et de dénuder posément des choses qui émeuvent !

 

Savall d’Arvo

14 avril 2014

INCURSION REUSSIE

L’écrire et puis l’écrire à nouveau pour éviter l’errance. Non l’écriture n’est pas prête de s’éteindre. J’y ai trouvé gout et je ne suis pas prêt de m’en défaire. Bien au contraire, à force de s’allonger contre elle pour l’animer, la ranimer, elle devient l’éloge de mes humeurs expiatoires et réparatrices aussi.

Elle a pris pour siège le cœur, là où demeurent mes affects et mes amours entourées d’un tas de symboles. Là où l’on trouve les délaissés et deux amants qui se meurent puisque sans oxygène. Là où l’heure n’est jamais indiquée puisque c’est juste le présent qui compte, le présent du désir escompté.

Alors, à la pointe de ce jour nouveau, il est propice d’arpenter le possible en embarquant aux cotés de clandestins en attente de rapatriement et de fêter l’éphémère de ce morceau du monde qui se bouge, là et surement de l’autre côté ?

Savall d’Arvo