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30 novembre 2014

MÉLODIE POUR UN SCRIBE

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Des commentaires à me faire rougir de plaisir… mais si agréables quant ils viennent du cœur.

Mille mercis à vous tous de me suivre chaque jour et pour toi de m'emmener là tu as encore des craintes de venir me rejoindre.

 

Savall

29 novembre 2014

L'EXQUISE ESQUISSE

Il est temps que je me casse hors du village pour relire l’espace grandiloquent des vignes vieilles. Je monte et descends les rides qui creusent la face polie de mes collines bientôt noires de solitude hivernale. J'effleure le dos rond des pierres érodées par les pluies et les soleils. Je marche au bord des talus et tant pis si mon pied heurte une racine, je ne tomberai pas plus bas. A chaque instant, la foudre pourrait déchirer mon allure, alors qu’elle le fasse avant que je la terrasse !

Rien qu’une ombre au cœur de cette immensité de ravines tracée par mes ancêtres dans l’argile avec le sang de leur sale besogne. Je me calque sur le rythme des rangées de carignans centenaires. J’agite les sarments gris d’amertume après avoir donné ce qu’ils portaient de mieux. Ils gisent sans vie sur le sol dépouillé après la taille. J’y dépose un peu de moi-même comme s’il s’agissait de mes dernières cendres.

Je ne traîne personne dans mon sillage, même plus toi qui te réfugies dans tes absurdes contraintes !

J’évacue le monologue que je ressasse depuis trop de temps par sale temps puisque tu me lâches. Je suis seul à me décevoir mais j'irai du tréfonds de tes yeux qui me désarçonnent aux bas-fonds de ma mémoire que je veux rebelle, juste pour te prouver qu'il faut toujours essayer encore et encore d’aller au bout de ses croyances malgré tout…

Alors que faire d’autre que de t’attendre ?

Savall d’Arvo

 

27 novembre 2014

L'INTIME CONVICTION

Au-delà du confidentiel, de la pudeur, de la mesure, de l’infraction peut être, il y a le temps qui s’enfuit jusqu’au vertige, l’urgence d’aimer et d’être aimé, le refus des compromis et du qu’en dira-t-on pour laisser la place au temps de choisir à sa place !

Repousser les limites, attendre que les situations se dénouent d’elles-mêmes si elles y parviennent, choisir d’ignorer les oppositions et les tumultes, refuser de se limiter à une seule alternative, ne rien dire jusqu’au bout et n’offrir aucune prise…

Dieu que la charge est lourde ! Mais, entre nous, je ne vois pas comment il pourrait, du haut de sa hauteur, me soulager pour avancer avec force et sans rougir afin d’attaquer la falaise à l’air frais ?

Il est donc hors de question de brûler ce que nous avons tous les deux applaudi !

 

Savall d’Arvo

 

26 novembre 2014

CE QUE JE SUIS

Je ne suis que par mon écriture… mais ne serais-je que ce qui te traverse l’esprit un instant et moleste l’acuité de tes sens lorsque tu me lis, alors j’en suis infiniment honoré !

En fait, je ne suis pas grand-chose, plutôt presque rien… je ne suis rien d’autre que de l’incohésion décharnée, le fruit de la cacophonie existentielle, le résultat du chambardement imbriqué d’essence révolue. Je suis les méandres, les dédales et le fouillis de ceux-ci. Je suis aussi au combien confus d’être là, dépouillé, sous tes yeux !

Bref, je vis dans la crainte de moi-même à me repaître de chimères arrachées à la dérobade par delà mes frasques romanesques et passagères. Au fond, je n’écris rien de bien savant et crois bien que je m’évertue à essayer de le faire… sache aussi que je suis soulagé d’être lu ! En revanche, je te le confesse, au petit jeu des pénuries profondes et des craintes  ressassées, je suis assez doué, alors bienvenue dans le cercle des poètes aux amours abîmées.

Mais si tu savais à quel point il me tarde de changer d’air, ailleurs mais pas si loin, là-haut dans ma tête, ça devrait suffire, loin de tout pour oublier ces sombres années qui ont su m’imposer sans superbe !

Savall d’Arvo

 

25 novembre 2014

DE CE TOUT ET DE CE RIEN

Les hommes arrivent très tard dans un monde déjà vieux. Hier soir, ce matin même... il y a quelques secondes à peine, comparé à l'Univers et à son long passé. Mais ils le bouleversent par leur présence.

Jean d'Ormesson souligne le rôle exceptionnel de l'homme dans l'Univers : "Au milieu des choses de la Terre, au milieu des étoiles, au milieu du temps aussi, il y a quelque chose de plus étonnant que tout le reste, c'est TOI, c’est MOI ! Nous sommes au centre du monde. Nous avons une chance qui n'est pas donnée aux cailloux, aux herbes, aux fleurs, aux montagnes, aux ruisseaux, aux jaguars, aux colibris... Nous avons gagné le gros lot ! Nous sommes des HOMMES et nous PENSONS ! »

Nous sommes un minuscule fragment du TOUT, de ce TOUT ! Mais que serait le TOUT sans les hommes ? Personne ne pourrait rien en dire, puisqu'il n'y a que les hommes pour en parler. Le TOUT sans les hommes serait absent et mort. Les hommes sont dans le monde et le transforment. Ils appartiennent au TOUT et ils lui donnent un SENS !

Toi et Moi, sommes le TOUT de ce TOUT et lorsque tu t’en rendras enfin compte, je serai ailleurs ou probablement si peu de chose comme disait la rose ?

 

Savall d’Arvo

 

23 novembre 2014

NOUS NAISSONS DEUX FOIS

Naître par la chair et ensuite naître par l'âme ! Les deux naissances sont comme un arrachement : la première jette le corps dans le monde, la seconde balance l'âme jusqu'au ciel ! Et peu importe la manière mais il faut tout faire pour s’élever !

Dans ce monde sont ensevelies les semences des années écoulées ! Mille fois tes ancêtres, toi et tes descendants serez ensevelis ici, et mille fois le vent enterrera la semence… et dans mille ans, toi et moi serons rassemblés, tout comme aujourd’hui, et nous pourrons être amoureux de la vie en rêvant au couchant du soleil…

Alors que je clame de ma tour empierrée : « ETRE, c'est quoi ? »

C’est être sage, sans être étranger au monde fou !

C'est être fort, mais pas pour détruire ce qui est faible !

C’est retrouver la paix, sans nul désir, nulle ombre d'un doute, sans une question sur les lèvres !

C'est rechercher la demeure du poète, même si elle est au-delà des sept fleuves.

C’est suivre la rondeur d’une colline même si elle conduit au ravin !

C'est un jardin sans haies, un vignoble de mes Corbières sans le moindre gardien !

C'est être volé, trompé, abusé, induit en erreur, pris au piège et ensuite bafoué… et malgré toutes ces offenses, savoir qu'un printemps viendra s'établir et qu'un automne mûrira la treille !

Etre c'est vaincre, ce n’est surtout pas s’abandonner !

Quant à moi, barbare, insignifiant ciseleur d’histoires, je façonne mes écrits et me dis que l'écriture est un flot de joies et de peines, de prières et de merveilles. Alors, je donne mon corps à l'essence même de l'esprit en sachant que je ne capitulerai jamais devant tant d’aventures à courir comme de beautés à conquérir !

Savall d’Arvo

 

22 novembre 2014

BEAUTÉ PERISSABLE

Le temps se recroqueville depuis quelques jours alors que je me dénude une fois de plus par ces lignes ! Quelques traces blanches au coin des rues de mon village. Absences, silences, indifférences assiègent ma quiétude. Je suis à nouveau dans la perspective !

Comme je n’écris plus trop ces temps ci, le moindre mal me sort par la peau, il me corrode et me calcine. Je n’évacue rien du mal qui me dévore. Tout stagne au fond de moi, mais où ?

La peur de ne jamais guérir de la peur de vivre sans ta brûlure. Je relis les pages lilas de notre livre et je m’insurge devant tes lignes flétries par les tourments que tu m’occasionnes. J’y traîne mes regrets puisque tu me fais dépositaire d’un inévitable échec. Je revis ta capitulation comme une négation de soi !

Qui croire ? Mais comme je ne crois plus en toi, alors je crois en quelque chose qui n’appartient qu’à moi-même avec l’angoisse d'être éphémère !

J’ai la peur au ventre, la crainte de finir sous les décombres de ma vie future, mais en moi séjourne une telle rage de vaincre, celle que tu as démultipliée depuis ton séjour prolongé, que plus personne ne saura m’en délivrer !

Savall d’Arvo