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30 décembre 2014

LE FUNAMBULE

Ce ne sont que des foules de mots, celles d’un homme qui s’est perdu doucement mais avec clairvoyance, car l’histoire, celle qui n’appartient désormais qu’à lui seul, se joue à huis clos.

Sans elle, entre lui et lui, dans un univers qu’il s’est créé lui-même depuis tant d’années de garde à vue depuis qu’elle a choisi de s’en extraire en coupant le son, il lui aura fallu de l’acharnement dans l’écriture de ses pensées par vent violent pour qu’il apprenne à dégringoler, une à une, ses propres marches émotives et ainsi révéler au grand jour ce qui n’était qu’un improbable roman.

Mais comment a-t-elle eu l’aisance de refuser d’accepter le gaspillage considérable de ses nombreuses absences qui ont failli l’achever ? Etait-elle donc tout ça à la fois, par insouciance et désinvolture ?

Il aurait dû se méfier puisqu’il savait que les masques finissent toujours par se craqueler en fin de la scène du dernier acte, celui où le public est sensé ovationner.  

Aujourd’hui, elle s’est autorisée à que ses si jolies souvenances reviennent plus que jamais enjoliver son étoile et la mienne !

 

Savall

MÉLODIE POUR UN SCRIBE

3640 VISITES

6615 PAGES OUVERTES

Je ne sais comment vous remercier ?

Savall

 

 

27 décembre 2014

NUIT BLANCHE

Cette nuit le ciel est sans étoiles et depuis deux jours une toile blanche enveloppe sourdement le village. Quelques traces désespérément seules souillent les ruelles détrempées de vide. Pas le moindre rayonnement ne s’échappe furtivement d’une ouverture pour réchauffer mon regard. Pas le moindre passage au carrefour du matin. Juste un fond de nuit pour souffler les heures qui passent lentement. Je n’appartiens plus qu’à la nuit, qu’à la misère des ruelles délaissées, qu’aux étoiles fuyantes, qu’à mon village engourdi. Je n’appartiens qu’aux ombres déchues qui ne savent que tourner en rond lors de mes confessions intimes.

Il n’est pas cinq heures et j’essaie de tout remettre en ordre dans ma tête. Si tu savais comme j’ai pris conscience de tant de choses à force de méditer dans la nuit, à force de m’immerger dans mes nuits froides. J’ai appris à vivre mes tourments, seul, face à moi-même, à ressasser le passé pas si lointain, mais que veux tu que je fasse d’autre en ton absence ?

Et puis, cette nuit encore, j’ai eu l’audace d’aller jusqu’au bord de ton eau soyeuse pour te prier, pour te supplier, pour respirer le voile que tu as étiré sur mon espace afin de m’empêcher de goûter au frisson de tes frissons à peine agités au bout de mes doigts. Dois-je me raisonner et lâcher prise ?

Trop sensible pour accepter les principes que tu m’imposes, c’est pour cette raison que je veux me réinventer un monde par le biais de mes écrits et c’est pour cette raison aussi que je me réfugie de plus en plus souvent dans mes pensées solitaires que tu penses trop excessives pour comprendre ton monde. A moins que tu veuilles me préserver de tes amertumes inavouées ?

Voilà où j’en suis à cette heure matinale. Voilà où j’en suis et je serai prêt à faire n’importe quoi pour éviter une issue pas si convenable. En fait, je ne supporte pas que les belles choses humaines finissent d’une manière affligeante ! Et puis quand j’aime comme ça, c’est pour de bon, je voudrais que ça soit pour l’éternité ! Mais quoi qu’on puisse me faire, quoi qu’on puisse me dire, désormais je finis toujours par comprendre, admettre et pardonner !

J’ai revécu seul, mille fois, nos scènes valorisantes avec mon errance pour témoin. Je t’en prie, écris moi de ton exil !

Savall d’Arvo

 

26 décembre 2014

MÉLODIE POUR UN SCRIBE

3153 VISITES

5708 PAGES OUVERTES

Un grand merci pour votre fidélité.

 

Savall

25 décembre 2014

L'ELIXIR DE TOUS LES DELIRES

Seul, je pigmente ma vie de blanc et de noir en traversant dans tous les sens le pavé mosaïque… alors qu’avec toi je me croyais sous la voûte céleste en ce jour de Noël.

Je voulais calligraphier ta peau douce du bout de mes doigts, du bout de mes lèvres. Chaque caresse, chaque baiser passion, chaque désir pour réécrire chaque matin une page de notre histoire. J’ai bu à ton soleil tous les rayons de ton astre et tu sais que je suis aussi clairvoyant que torride ! Nul fantasme, nulle perversion, juste une transcription de nos totales palpitations pour une partition unique et intemporelle. Trop n'est jamais assez pour moi qui surenchéris sans cesse.

Que me reste-il de toi ? Que me laisses-tu de toi à part cette misérable solitude ? Tu quittes l'harmonie pour t'installer dans la pénurie. Je n’ai plus d’alternative sauf celle d’entretenir le mystère de mon acharnement pour vivre inoccupé.

Pour toi, je reste libre d’accès parce que seul ton regard sait me métamorphoser. Au milieu de ton Tout, je t’écris encore et encore pour que tu me lises et parce que j’ai besoin de te savoir là afin que chacune de mes lignes puisse te traverser ! Hors de toi, je ne suis qu’une particule en suspens et à contretemps.

J’accumule ma solitude pour l’additionner à la tienne que tu rends sourde. J’encaisse tes amertumes et je paye cash celles que je devine. Encore une fois je te souhaite malgré nos turbulences. Notre projet de vie n’était pas si dénué de sens que ça. Ma vision d’un autre monde est analysée, pensée jusqu'à l'aboutissement de mes dernières volontés !

Sans toi, je me sens inachevé et tout particulièrement en ce jour que les hommes ont choisi pour vivre l’espérance !

Savall d’Arvo

 

23 décembre 2014

FACE A FACE

Partir de ton rien métaphysique pour aboutir à ton tout esthétique… non plus pour paraître mais simplement pour « être » avec force et rage !

Descendre, redescendre en toi le plus bas possible pour aller te chercher, pour t’alléger de ses principes alourdissant, pour te délester de la surcharge de ta propre conscience. Redescendre au plus profond de ton être sous forme de substance fluide, d’onde claire, d’aura purifiée, d’énergie inusitée, d’esprit naissant et s’emparer de tout ce qui n’est rien en liquidant le dérisoire. Peu importe la forme de la liaison, peu importe la tournure de l’inversion, descendre toujours plus bas pour en extraire la moindre molécule !

Puis remonter à la surface, faire surface, faire face quoique tu fasses parce que tu n’en as plus trop le temps et que tu risques de manquer d’aisance ! Remonter impérativement pour défier le temps, pour mesurer la gravité de la situation, pour mettre en apesanteur le temps qui te dépasse avant qu’il ne te terrasse. Remonter pour échapper au fond, à la vase, pour tordre le cou à l’enlisement bien sûr pour un temps, pour un temps seulement ! T’extraire du vacarme qui te compresse et désobéir au grand ordonnancement.

ETRE DE TOUT TON TOUT ET A LA FOIS DE RIEN !

 

Savall d’Arvo

 

19 décembre 2014

UN ALLER SIMPLE

J’ai toujours le cœur serré de laisser mes amours plantées sur ma terre occitane avant de soumettre mon cœur à l’effort. J’attends d’être acheminé de l’autre côté de ta rive mais je sais qu’il me faudra revenir par mes propres moyens. Revenir seul parce que je me suis engagé à le faire et parce que tes yeux brillent encore en moi et m’inondent de l’intérieur. Une seule issue depuis que tu m’as ficelé à tout jamais à notre histoire avec d’incompréhensibles idées qui me bousculent et me basculent vers l’avant. Je me noie d’interrogations existentielles, je suis ballotté au rythme lent de leurs roulis, je me ferme du dedans et m’ouvre désormais à la peine.

Je m’accroche à ce village paisible, à ses toitures de vieilles tuiles recouvertes par les mauvais temps, à ses rues fraîches où soufflent tous les vents du nord comme du large. Je m’enivre du son de sa seule cloche centenaire et aux éclats de voix rocailleuses qui s’échappent et prennent leur temps. Etonnamment, je ne doute plus, je ne lutte plus contre cet envoûtement. Mon cœur se desserre et je succombe au charme. 

Curieusement, il m’arrive d’avoir conscience d’une certaine immortalité ? Difficile de dire exactement ce que l’on ressent à cet instant ? Ni passion, ni contrainte, je ne sais ce qui m’anime mais j’avance fermement.

Et puis, j’ai ce besoin étrange d’écouter la palpitation secrète des vignes qui serpentent d’un commun accord entre les passages étroits menant au sommet de nos collines. J’éprouve le besoin d’atteindre les coordinations subtiles de cette cohorte lente composée d’immuables dénivelées où s’égrène l’ardeur au soleil. Je ne suis plus rien, ni moi-même, ni un autre au milieu de ces versants qui déroulent des sentiers de plus en plus chaotiques et caillouteux. Au milieu de ces souches, tout défile, tout re-défile : mes échecs successifs, mon mal-être ressurgissant dans la glaise argileuse et immémoriale. Je ne progresse plus, alors que je tente d’avancer malgré mes vertiges qui m’assaillent aux abords de mes ravins. Dangereuse volte sur l’une de mes arêtes. Le vide en contrebas m’attire. Je tais mes craintes et me concentre vers le haut !

 

En fait, nous ne sommes pas moins que les composants à part entière d’une fantastique aventure humaine. Nous ne nous mesurons pas les uns aux autres mais rivalisons contre nous-mêmes et en explorant nos propres limites, nous faisons le tour de notre entité profonde le plus simplement du monde !

Savall d’Arvo