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26 février 2015

A TOUT VOULOIR AIMER

Je suis venu m'échouer une fois de plus sur cet écran où sèchent mes lignes. Je ne me fais plus d’illusion quant à une éventuelle assistance de mon clavier mais je continue secrètement à imaginer des mots, à frapper pour colmater dans l’ombre les encoches mutines dont je suis lardé après ta dernière séquence.

Plus personne à qui parler, plus de destinataire depuis quelques temps. Trouver le mot, le mot juste, ultime, celui qui dépend de toutes les saveurs qu’on ingurgite, l’essentiel obtenu par l’alchimie retorse de la dégustation assassine. J’ai de plus en plus de mal à saisir la subtilité des choses de ce monde crevassé par une carence profonde que tu provoques. Comment maîtriser cette crise que tu as su porter encore à ébullition ? Je ne trouve plus rien à te dire depuis cette cruelle divagation dont tu m’affliges désormais pour te débarrasser avec fracas de nos secrets.

Pitoyable spectacle d’un amour défraîchi par un assortiment de simagrées sous la brume épaisse de la stupidité non avouée… se taire et faire l’impasse sur la vérité non exprimée plutôt que de signer au bas de notre livre une armistice heureuse ! Je cherche à me seconder mais j’ai froid d’imbroglios et de peines. Je me loge dans la pesanteur de mes nuits sans sommeil ! Pourtant la nuit attise, bien campée, couvrant chaque impasse, coiffant d’épais cerceaux d’écume la romance de mes extravagances.

Transcrire encore le mal qui sévit en moi, me retrouver, m’enorgueillir du peu d’intérêt que tu me portes. Ecrire avant toute chose et croître de l’intérieur, repousser les limites de l’introspection et recevoir le Verbe en guise de sacerdoce. Mes mots perforent, je sais, je les alimente par l’atmosphère dans laquelle tu me fais évoluer, là où l’ordre est chamboulé de sa dévolue.

Si peu arrosée de soleil, seule, taraudée de froid, la marche est sans appel et l’effort se révèle. Je n’ai qu’une hâte, me surpasser, débusquer le mot là où il ne pointe plus, me secouer le corps jusqu’au moindre de tes propos et te dire que je suis rempli de tes macabres silences et flanqué de mes maladresses qui ne sont que séquelles. Epris de regrets, je scande le vide, je régurgite mes exubérances stupides, réfute, refuse en silence les thèses de l’existence, bouscule, charrie des intentions classiques au lieu de faire mes valises et d'envisager un vrai départ.

J’ai bu toute l’eau de mon vin, je me suis invité à la table des partages pour ripailler au plus bas et m’enivrer. Maudite aventure qui se referme sur moi une fois de plus comme un sarcophage sur ma destinée. Aujourd’hui, j’en paie le délit au prix passionnel car je suis orphelin d’un univers passé à tout vouloir aimer !

Savall d’Arvo

 

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