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31 mars 2016

commentaire sur l'albatros

Subir une épreuve, c’est passer de l’autre côté des apparences. À l’instant où l’ordre et le sens de ce que l’on vivait volent en éclats, nous sommes projetés dans un temps où soi-même, les autres, le monde changent de valeur. C’est le « chaos » de Nietzsche qui, en nous dépouillant, nous permet de découvrir la face cachée de la vie.

 

ECHAFAUD POUR UN CROYANT

Le plus dur pour moi est d'écrire la fin de notre histoire. Trouver le bon moment, s'il en existe un ? Essayer d'écrire la fin avant la fin pour que mon récit reste recevable.

Ne pas m'endormir sur cette page avec une impression de déjà lu ou pour me satisfaire de tiédeur et de médiocrité. Ne pas attendre de perdre le souffle et surtout respirer comme j’ai pris l’habitude de t’écrire. Ne pas goûter la lie jusqu’à l'amertume pour croire en demain ! Empêcher le mépris trop commode, trop vulgaire. Interdire les écueils de la monotonie et du dépit.

Repousser les blessures nuisibles, c’est le lot des imbéciles. Étouffer la rancœur et puis enfin partir, mais partir en avant. Partir sans douleur, sans désarroi, avec douceur. Partir pour en finir doucement, dignement.

J’ai peur de ce froid que tu mets en place mais je ne me rends pas ! Je me suis accroché comme un apnéique à notre histoire. Je me suis suspendu à l'Amour comme d'autres à l'alcool. J'y suis entré pensant pouvoir m'en sortir mais tu vois bien que je ne le peux plus.

Annexé je suis, alors je continue de t'écrire mais ton cœur dur reste accroché à tes certitudes, celles qui éloignent le désir et refusent l’abandon. Pourtant je ne suis pas fini et il doit y avoir une autre façon d’exister ?

Désormais tu habites une autre prison que la mienne, un monde de force et de servitudes où tu penses être portée en triomphe par un autre que moi. Un monde où tu crois obtenir la bienveillance, où tu crois assouvir ton irrésistible besoin de tendresse. Tu vois, je ne sais faire qu'une chose : Aimer pour être aimé, même si je ne le fais pas toujours bien.

Je suis fait pour le ravissement, pas pour la douleur et le saccage. Je suis écorché, brûlé au vif. Je me nourris de feu, de passion, de lendemains toujours plus forts.

Ça y est, nous y sommes, je suis en train de perdre ma substance, mon essentiel. Je refuse d'arriver à la fin et d’écrire ce mot meurtrier. Je t'écris cette lettre de rupture mais c'est une lettre d'amour que je veux que tu reçoives. Je te demande pardon pour toutes mes maladresses, elles sont probablement le fruit de tes silences mais je t'aimais à l'inconditionnel comme à l'imparfait !

Quelque chose se déchire à l'intérieur de moi. Mes pages se tournent à l'envers. Lentement mon livre se consume ! Mon histoire était trop belle et si étonnante, je lui offrais une résistance mais il lui fallait une fin. Je te laisse le désastre de me l’écrire !

SavalLd’Arvo 

29 mars 2016

commentaire sur l'albatros

Je vais en rajouter Savall. Voici ce qui vous détermine à mon humble avis (en ai-je le droit ?) : la dernière valse, l’aigle et sa métamorphose, le froid d’effrois et maintenant l’horloge ! Il y a de la fin, de la continuité et de la renaissance. J’ai le sentiment que vous réglez vos comptes (avec qui et pourquoi ?), que vous les épurez et que vous récidivez… les éternels cycles de la vie : après la pluie, vient toujours le beau temps et c'est vraiment ce que je vous souhaite.

28 mars 2016

commentaire sur l'albatros

Après le « froid » et « l’horloge », et pour une raison inconnue, je me suis mise à relire vos anciens textes et je trouve votre vocabulaire riche, fleuri, humain, et surtout avec une belle constance. Bien entendu, comme vous l’écrivez souvent, ce n’est pas du Verlaine, mais votre façon d’écrire traverse le temps et particulièrement le mien. Comment dire ? Du classicisme de Mozart, au renouveau symphonique de Saint Saëns.

L’HORLOGE DE FONTJONCOUSE

A quoi cela sert-il que je te livre mes mots dans cet hiver ? Je ne suis plus du tout certain que tu les lises, les comprennes et encore moins en assimile l'essence et les sens ?

Tu as sombré délibérément dans le vide que tu portais déjà en toi et rien n'y fait puisque tu n'as même pas la moindre vaillance de t'en exclure ! Tu t’es appesantie, surchargée, tu as capitulé lentement, désespérément, devant l’exercice de la vraie vie qui consiste, pour nous les ardents, à se redresser sans intermittence ne serait-ce que pour prendre une gorgée d’air pur à la surface de nos envies !

Alors, toi qui a su faire naitre en moi tant de résonnances, je dois te laisser sur les parvis de ta sombre église, fermée à double tour pour la nuit de ton temps, là où un jour, face à cette immense horloge qui devait marquer le nôtre, tu m'avais juré que le temps désormais ne nous appartenait plus !

Il est midi plein, le tocsin va devoir suspendre notre belle histoire pour venir se fondre dans la tramontane qui ne cessera jamais d’expirer ce que tu ne sais plus inspirer !

SavalLd’Arvo

26 mars 2016

UN FROID D’EFFROIS

Derrière moi un peu trop de printemps et toi pas assez ! Mais parmi ces saisons qui s’affichent doucement, dix regains conjugués et quelques tourments. Personne n’aura laissé en moi autant de belles traces, autant de maux.

Et puis, tes soupirs incessants au jour de mes jours, mes illusions aux rayons de mes nuits, résistant sans cesse pour ne pas écrire le mot « fin ». Impossible de fixer la vérité, aussitôt elle me terrasse !

De temps à autre, comme par inadvertance, ton gout redevenait douceur comme une vague sucrée sur tes flancs déferlants… alors surpris, inondé, telle une pièce maîtresse à la croisée de notre charpente douteuse.

Je mesure à quel point le bandeau de la passion m’a privé de la vraie lumière, mais une fois enlevé quelle sombre déconvenue. Je t’aperçois maintenant comme une veille arme rouillée ne pouvant atteindre mon cœur immunisé. Ton presque amour je n’en veux pas, je n’en peux plus, tu l’as tellement piétiné sous tes bottes que toutes ses roses en sont altérées.

Pas de haine, de celle qui nourrisse les défaillants, ça serait pure perte que de penser que je suis amertume !

Alors, laissons-nous dans l’indifférence et tant pis pour moi de t’avoir cru jusqu’à l’incroyable !

SavalLd’Arvo

24 mars 2016

LA LEÇON DE L'AIGLE !

L'aigle a la plus longue vie de tous les spécimens de son espèce : Il peut vivre jusqu'à 70 ans. Mais pour atteindre cet âge, l'aigle doit prendre une difficile décision en atteignant 40 ans :

1 - Ses longues serres devenues trop flexibles ne peuvent plus se saisir de la proie qui lui sert de nourriture.
2 - Son long et pointu bec devient trop coudé.
3 - Ses ailes sont devenues trop lourdes en raison de leurs nombreuses anciennes plumes épaissies, et elles rendent son vol difficile.

Alors, l'aigle fait face à un choix difficile : mourir ou passer par un processus douloureux de changement qui durera 150 jours... soit 5 longs mois.

Ce processus exige que l'aigle vole jusqu'en haut d'une montagne sur son nid. Là, l'aigle va frotter et frapper son bec contre une roche jusqu'à ce qu'elle l'érode. Après cela, il attendra la repousse d'une corne neuve et rigide qui formera un nouveau bec.

Ensuite, il tentera d'arracher et d'user ses serres. Après cela de nouvelles serres se développeront selon un processus de repousse permanente. Puis encore, l'aigle commencera à plumer ses plumes âgées. Après cela, des plumes neuves plus légères et plus souples repousseront.

Et enfin, après ces cinq mois de douloureuse patience, l'aigle prendra son vol célèbre de renaissance et pourra vivre ses 30 années supplémentaires.

Pourquoi le changement est-il parfois nécessaire pour nous aussi ? Souvent, pour survivre, nous devons, nous aussi, commencer un processus de changement. Nous devons alors parfois douloureusement nous débarrasser de vieilles habitudes, souvenirs, coutumes.

C'est seulement libéré du fardeau du passé que nous pouvons alors profiter du présent et de l'avenir. C'est la leçon de l'aigle...

(Auteur inconnu : texte de tradition amérindienne, basé sur des faits réels)