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20 avril 2016

CLÉMENCE

Ni voile, ni oubli, seulement l'office d'un silence prolongé dont il me faut abdiquer face à l'instance de cette fenêtre sur cour d'où me parvient un si bel éclat.

Sans trop m'attarder sur les coupures, j'esquisse la lecture d'un soir où le vent ne soufflait plus, où les heures se détachaient par morceaux, flottait seulement l'odeur âcre et épaisse d'une nuit noire à l'agonie où s'accrochait l'aveu de mes manquements.

Du fond de mes fissures dévoilant notre amour dénudé, j'ai réalisé combien j'avais pris tout mon temps pour le mien et si peu pour le tien ! Si peu pour l'arpège de tes lettres insoumises dont la respiration s'accordait délicieusement à mon âme.

Dans les feuillets de ma mémoire réside notre livre inhalant dès les premières pages, l'image ancrée de la lumière de notre amour écoulé au ciel d'une symphonie ardente. Ta voix fondue de tendresse soumettant l'air à la volonté de ta puissance naturelle.

Ton parfum de bleuet sous une voûte indigo. La carnation de ton sourire en triomphe, la flamme entière de ton regard. La brume raffinée de ton verbe décomposé de délicatesse.

Et puis ton appel à la vie fait craquer les portes de l'aurore dans avril, sonne comme un instant de grâce. 

Ariana Barras

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