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01 novembre 2016

CHEVAUCHÉE CLANDESTINE

La passion s’estompe lentement pour prendre d’autres couleurs moins visibles comme une chronique qui se lézarde au soleil. Aucun signe de vie pour nourrir ma grisaille en cette fin de vent d’anges.

Ce temps de Toussaint et son chemin de croix dans les brumes matinales. J’attends la pluie comme un coup de fil, comme un coup d’éclat mais rien ou si peu pour ravitailler mes vertiges en désordre !

La débâcle de ces millions de mots que je me suis fabriqué de toute pièce avec ce peu qu’il me reste de fertile. Alors que la romance aurait pu se refaire en quelques lignes inachevées, j’ai droit aux matins sans rien, aux séquences vides pour me suspendre !

Mes liseurs auraient pu me dire qu’attendre est une nouvelle maladie, une maladie mentale même, une dégringolade qui charrie son lot de mélos dans ce pays qui n’ose plus murmurer.

Contraint, je repars sans bagage, sans identité affirmée, sans le désir de renaitre après avoir tenté de me délester des pesanteurs du passé. Je suis venu de nulle part, d’un à peu près, juste de l’autre côté de cette satanée passerelle tournée vers un futur inanimé. J’ai appris à me vider de moi-même jusqu’à ces derniers mots.

Il va falloir que je me réinvente un style de vie pour m’adapter à la précarité des lieux hostiles. Il ne me reste plus qu’à scruter l’instant pour m’emparer du perpétuel… une histoire de craies blanche en ce jour de rentrée que le tableau noir ne veut plus effacer.

Y a des jours, je foutrais bien le camp sur l’île d’Elbe pour ne revenir que cent jours après… peut être où bien jamais pour plonger, seul, dans l’eau obscure de l’inconnu.

SavalLd’Arvo

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