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19 juin 2018

FRAÎCHEUR FANÉE

Sur ma vieille bécane dépourvue de blocages, le long de mes collines ensemencées de caillasses, j’aurais voulu t’expliquer le monde et ma gratitude pour m’avoir engendré, mais aussi te faire découvrir la rosée d’une origine et l’arc en ciel étourdissant de clarté.

J’aurais voulu te guider vers la beauté et la bonté, mais tu as préféré mettre ton âme en jachère en me sommant de lâcher prise pour te laisser aller vers une ballade inquiétante.

J’aurais voulu m’installer contre toi dans le prolongement de la surface des êtres, ne rien savoir de leurs abysses ou de leurs vagues intérieures, mais durant ton absence, je n’ai pu résister aux vents qui les amènent… alors, moi aussi, autant laisser le vent m’emporter !

Mes mots me sont donc revenus sans trop d’échos, cabossés par les impasses de ta vie en rupture de couleur et tes passages arrangés aux nuances fragiles.

Et depuis, les roues jumelées de ma petite reine ont fini par abdiquer…

Savall d’Arvo

17 juin 2018

QUELQUES GOUTTES DE LUNE

Ce matin je caresse du regard les façades de mon village sortant à peine de leur léthargie matinale, celles que j’apprends à redécouvrir lorsque les anges de la nuit échappés de l’ombre marquent encore les trottoirs de leurs empreintes.

Mais je n’ai rien trouvé de mieux pour entreprendre l’impensable que de feuilleter mes feuilles virtuelles, si lointaines, si proches à la fois. Et puis surgissent des rebus d’idées à la périphérie de mes élans, des restes où à l’époque il me fallait boire, manger, et puis t’aimer pour occuper l'espace satisfaction. Je remplissais mes heures de bric et de broc en t’attendant !

Tout s’entasse sur le pourtour de ma raison pour une projection de ce moi-même sur cet écran devenu mon allié. J’ai du mal à écrire et j’ai du mal à m’inscrire dans le quotidien. Je végète, je transgresse, je touche et parfois coule. Mais ce n’est rien, juste des moments suspendus sur une partie de vie laissée à l’abandon.

Alors, à l’image de mes désirs, quelques gouttes de piano tombent sur une histoire douce… sauf qu’à cet instant précis le levant ajoute quelques grammes d’or sur les façades qui veulent enfin sortir de l’anonymat.

Savall d’Arvo

15 juin 2018

LA CORNE DE BRUME

Il ne faut pas que nos jours finissent sur une empoussiérée étagère, ils laisseraient alors place à une autre vie ! L’absence s’installerait de façon durable, se poserait à la table des repas sonnants de causeries inattentives, chargées de bagages lourds de mélancolies, celles d’un amour aux volets clos, à la bougie modeste et douce. Et puis je n’aurais pas le privilège de percevoir la noria des quelques saisons et les rides en sillon qui commenceraient à illuminer ton visage, ce qui n’auraient rien changé sur tes lèvres.

Je repousse ces lendemains et les suivants en tisonnant mes souvenirs là où valsent les odeurs de nos escapades pour que se déroule la pelote de nos humbles existences. Si tu savais combien je me plais à me réfugier dans les bâillements de l’aurore avant de moissonner à longueur de journée les humeurs du ciel ?

Roman mémoire autant que journal intime et bien au-delà grâce à la chanson d’un rossignol nomade.

Savall d’Arvo

10 juin 2018

LUMIÈRES SUR LA VILLE

Un soir d’un nouveau matin, comme l’espoir fauché à l’aube d’une victoire assurée, j’ai pris conscience que mes voyages étaient entremêlés de scènes éteintes et c’est sans doute la meilleure façon de me récupérer avec cette part de rêves engloutie par mes pseudos succès ! J’avais oublié que sous le soleil, les filles d’un temps flétri caracolaient encore sur de belles montures autant que sur de faux semblants.

Des histoires de désirs, de relation à l’autre, des histoires formidables où l’on se nourrit sans arrêt de choses différentes. Disons que j’allais au gens pour créer un échange convenable en m’intéressant à eux et bien entendu pour qu’ils s’intéressent un peu plus à moi ! Loin de moi l’idée de tenter de les amener vers le culminant comme certains illusionnistes, mon souhait n’était que celui d’accéder à leur rang.

J’ai su qu’il y avait du candide dans mes promenades philosophiques, mais un candide qui aurait mangé un peu trop épicé, là où allaient se nouer mes destinées vacillantes.

Savall d’Arvo

06 juin 2018

UNE LUCIOLE DANS LES RONCES

Des mots et des mots alignés sur cet écran blanc que je cherche à combler.

La consistance du rien et du presque vide qui m’obsède à chacun des tournants de ma vie, à chacune de mes mésaventures, de mes mésalliances avec le besoin de devenir autrement.

Alors partir, partir plus loin, l’esprit décollé, à me décoller de moi-même parce qu’aujourd’hui je veux rêver et m’inspirer par la beauté sans ramage pour qu’enfin mon futur ait ses chances.

Inventant les théories sur la vie devenue fluide, et sur la volatilité de tous les liens même les plus intenses, je me suis mis à crayonner le portrait troublant d’une époque égarée !

Savall d’Arvo

03 juin 2018

COULEUR RÉSINE

Il faut que vous me lisiez, si vous m’en faites encore la grâce, en ayant à l’esprit que nous avons tous, quelque part sur cette terre et plus précisément en nous une chapelle ancestrale dont on croyait tout savoir, mais aussi une vallée flamboyante, une colline de genets vibrante d’effluves, un bord de rivière que nous connaissons mieux que quiconque et que, pourtant, nous ne finissons jamais d’arpenter avec un seul but : « celui d’éplucher nos propres archives »…

Parfois, je dois vous l’avouer, il me semble que mes récits sont comme une fantaisie crénelée au milieu d’un nulle part, souvent embrasés, quelque fois fantaisistes et aussi rêches qu’une marche à contre sens, mais lorsque je suis au sommet, je vous assure que la vue est superbe ! Essayez donc de garder au cœur quelques-uns de mes troubles et surtout ces fameuses envies d’aperçus qui peuvent se prolonger sur un ailleurs...

Au fait, si vous saviez comme c’est troublant d’apprivoiser ainsi son existence et de dénuder posément des choses qui émeuvent !

Savall d’Arvo 

01 juin 2018

NOCES DE COQUELICOT

Ce n’est en rien un règlement de compte, ni une image mystique balayée par un crayon de lune. Non, je tente tout bonnement de mettre en lumière ce sacré quotidien qui finirait par se faire ronger par le banal si je n’y fais pas gaffe !

La survie qui fait de la résistance. Le labeur qui pille le temps et la conscience. Les inventories qui fleurissent et menacent. Le regard visible malgré tout. Le soleil tape et les coups aussi. Et l’amour, oui surtout l’amour, le grand Amour, pour ceux qui n’auraient pas encore compris que pour mieux contempler, il est la plus solide des cannes blanches !

Hélas, la vie, celle qui nous piste et nous éprouve, prend son rythme où elle peut et comme elle peut, mais se prend trop souvent les pieds dans le tapis flétri d’un destin plus fort que tout. Alors l’espoir grisaille se teinte de bleu pour résister à la clandestinité.

Moi qui voulais changer ton monde, finalement je ne sais même pas si je suis parvenu à l’adoucir un peu ?

Savall d’Arvo