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18 juin 2016

LA CRISE DES ANES

Un homme portant cravate se présenta un jour dans un village. Monté sur une caisse, il cria à qui voulait l'entendre qu'il achèterait cash 100 € l'unité tous les ânes qu'on lui proposerait. Les paysans le trouvaient bien peu étrange mais son prix était très intéressant et ceux qui topaient avec lui repartaient le portefeuille rebondi, la mine réjouie.

Il revint le lendemain et offrit cette fois 150 € par tête, et là encore une grande partie des habitants lui vendirent leurs bêtes. Les jours suivants, il offrit 300 € et ceux qui ne l'avaient pas encore fait vendirent les derniers ânes existants.

Constatant qu'il n'en restait plus un seul, il fit savoir qu'il reviendrait les acheter 500 € dans huit jours et il quitta le village. Le lendemain, il confia à son associé le troupeau qu'il venait d'acheter et l'envoya dans ce même village avec ordre de revendre les bêtes 400 € l'unité. Face à la possibilité de faire un bénéfice de 100 € dès la semaine suivante, tous les villageois rachetèrent leur âne quatre fois le prix qu'ils l'avaient vendu et pour ce faire, tous empruntèrent !

Comme il fallait s'y attendre, les deux hommes d'affaire s'en allèrent prendre des vacances méritées dans un paradis fiscal et tous les villageois se retrouvèrent avec des ânes sans valeur, endettés jusqu'au cou, ruinés. Les malheureux tentèrent vainement de les revendre pour rembourser leur emprunt.

Le cours de l'âne s'effondra. Les animaux furent saisis puis loués à leurs précédents propriétaires par le banquier. Celui-ci pourtant s'en alla pleurer auprès du maire en expliquant que s'il ne rentrait pas dans ses fonds, il serait ruiné lui aussi et devrait exiger le remboursement immédiat de tous les prêts accordés à la commune.

Pour éviter ce désastre, le Maire, au lieu de donner de l'argent aux habitants du village pour qu'ils paient leurs dettes, le donna au banquier, ami intime et premier adjoint, soit dit en passant. Or celui-ci, après avoir rétabli sa trésorerie, ne fit pas pour autant un trait sur les dettes des villageois ni sur celles de la commune et tous se trouvèrent proches du surendettement.
Voyant sa note en passe d'être dégradée et pris à la gorge par les taux d'intérêts, la commune demanda l'aide des communes voisines, mais ces dernières lui répondirent qu'elles ne pouvaient en aucun cas l'aider car elles avaient connu les mêmes infortunes.

Sur les conseils avisés et désintéressés du banquier, toutes décidèrent de réduire leurs dépenses : moins d'argent pour les écoles, pour les programmes sociaux, la voirie, la police municipale... On repoussa l'âge de départ à la retraite, on supprima des postes d'employés communaux, on baissa les salaires et parallèlement on augmenta les impôts.

C'était, disait-on, inévitable mais on promit de moraliser ce scandaleux commerce des ânes. Cette triste histoire prend tout son sel, quand on sait que le banquier et les deux escrocs sont frères et vivent ensemble sur une île des Bermudes, achetée à la sueur de leur front. On les appelle les frères Marchés.
Très généreusement, ils ont promis de subventionner la campagne électorale des maires sortants. Cette histoire n'est toutefois pas finie car on ignore ce que firent les villageois. Et vous, qu'auriez-vous fait à leur place ? Que ferez-vous pour nous retrouver tous sur la place du village ?

04 juin 2016

JE VOUS PARLE D’UN TEMPS…

Le temps va te voler des amis qui finiront par t'oublier, qui ne vont même plus te regarder dans les yeux, qui vont faire comme si ils ne te connaissaient pas et qui vont tellement changer que tu auras l'impression de ne plus les connaître.

Le temps va te voler des souvenirs, des souvenirs d'amours, d'amitiés, d'enfances, des souvenirs inoubliables mais qui s'échapperont de ta mémoire et deviendront de plus en plus flous jusqu'à ne plus exister. Il va te voler des centaines de moments de joie, d'amour et de rencontres, telle la mienne. Il va te prendre ton enfance, ton adolescence, tes rêves, tes illusions, tes projets. Il va te prendre des personnes à qui tu tiens et qu'il ne te rendra sans doute jamais, même si tu les pensais si proches de toi, même si tu pensais que "pour toujours" ils existaient. Le temps va te faire comprendre que rien n'est éternel, que tout à une fin.

Il va tout faire pour que tu te perdes, pour que tu ne retrouves plus le chemin, pour que tu ne saches plus exactement qui tu es, ni qui tu seras. Il va te laisser des cicatrices qui ne partiront jamais, ou qui s'effaceront difficilement. Il va bouleverser ta façon de penser, d'aimer, de rire, de sourire. Il va aussi te faire grandir et va faire de toi quelqu'un de différent, quelqu'un que tu n'as jamais été.

Mais le temps te fera mûrir et t'apprendra à profiter du moment présent pour que jamais tu ne regrettes de ne pas l'avoir fait à temps.

Ton temps est précieux... précieux comme un diamant donc fait en sorte d'en prendre soin. Quant à celui que je t’ai consacré, il t’échappera lui aussi, ce n’est qu’une question de temps.

SavazlLd’Arvo

28 mai 2016

RESSUSCITER D’UN TOUT

En pensant combler mes manques, je trouvais un sens à mon existence et en étant aimé en retour, je croyais mes manques comblés. Un sentiment de vide, submergé par le châtiment inepte, perdu dans un monde en ruine, dévasté. Un moment de vertige parfois vécu comme un passage du tout au rien.

L’enjeu narcissique est alors si important que la réponse est dans la dépréciation ou dans l’élégante impatience de ne plus essayer de te convaincre parce que tu es devenue étanche à la beauté comme à la bonté !

Décidément, l’être humain a une grande difficulté à se définir par lui-même et il est bien difficile d’envisager les bénéfices secondaires d’un chagrin d’amour qui nous emporte. Et pourtant, encore et encore, ne serait-ce pas aussi l’occasion d’une renaissance ?

L’albatros a du plomb dans l’aile au point de tourner en rond désespérément sans espoir de se poser. Alors, quand le voile se déchire pour de bon, il réalise qu’il est existentiellement incomplet.

Il faut impérativement que l’oiseau des mers que je suis devenu, les yeux embués probablement par les alizés, se remette face au vent du grand large pour déployer sa voilure et vivre de nouvelles aventures, mais ça c’est une autre histoire que je ne pourrais plus jamais te conter !

Bon vent et merci de m’avoir laissé croire à l’infini…

SavalLd’Arvo

17 mai 2016

LE CHEMIN DE GUERISON N'EST PAS FACILE

Il faut du courage pour s'affronter et sortir ce qui est enfoui en nous, et parfois ça fait même très mal ! Mais c'est le seul chemin pour s'en libérer, juste accepter et se donner du temps.

Arrive un jour, où tout s'éclaircit et devient léger, et un sentiment d'immense paix intérieure vient remplir ce qui nous a si longtemps torturé et déchiré.

Donner du temps au temps, le chemin de guérison demande du temps pour cicatriser, mais c'est le seul et unique chemin pour se reconstruire et soigner ses blessures.

Celui qui se fuit ne pourra jamais se guérir, la guérison demande courage et volonté et surtout authenticité envers soi-même.

Un cœur blessé se soigne, une âme en peine retrouve sa paix, ce n'est qu'une question de temps à celui qui ose se mettre face à lui-même.

SavalLd’Arvo

26 avril 2016

COMPRÉHENSION & INDULGENCE

J’ai tenté de répondre à cette question fondamentale puisqu’elle entraîne la destruction de notre histoire : pourquoi ? Et mes réflexions nocturnes m’ont fait aboutir à ce mot simple : LE PARDON !

Contrairement à ce que tu pourrais penser, demander pardon exige moins de vertu que de l’accorder. A l’inverse de la vengeance destructrice qui refuse l’oubli pour inscrire éternellement une dette de haine, le pardon nous délivre d’elle, nous libère d’un passé qui n’arrive pas à passer… D’où son utilité pour chacun de nous tout au long de notre vie.

Me faire pardonner, et inversement (!), ne signifie pas oublier. Au contraire, il faut se souvenir de l’offense pour pardonner. Pardonner, ce n’est pas valider ni excuser, ce n’est pas prétendre que tout va bien et ce n’est pas une faveur que nous nous accordons ou une autorisation à recommencer… L’important n’est pas de savoir si ce que nous avons fait est bien ou mal et si le coupable (toi comme moi) mérite encore d’être puni ou pas. Ce qui compte, c’est de pardonner pour soi afin d’être jute plus heureux… et nous avions ce TOUT pour l’être ensemble !!!

L’incompréhension, est-elle un refuge ? En tous les cas, elle fusille à bout portant l’indulgence ! Alors ma jolie, et mille pardons… voici ma millième recommandation : LE PARDON EST LA MARQUE DE L’EVOLUTION INTÉRIEURE.

En espérant que tu pardonneras mes excès pour que je puisse effacer les tiens afin de retrouver cette sérénité dont nous avons tant besoin !

Bien à toi.

SavalLd’Arvo

Ps : si mes paroles te semblent étranges aujourd’hui, elles te seront plus claires demain lorsque tu seras seule. Mais fais-moi la grâce d'essayer de les comprendre lorsque tu en auras le temps !

 

24 avril 2016

LA PAROLE PERDUE

Une nuit froide dehors comme en dedans, comme le sont toutes les autres depuis quelques temps. Mais cette dernière m’a laissé entrevoir le brouillard de ma nouvelle existence. Ma vie est trop suspendue à ton humeur, celle qui te rend si détestable, mais celle aussi qui me fait réaliser que lorsque je subis ma vie, je pèse sur celle des autres et notamment sur la tienne.

Tout est flou, informe, et pourtant je tente encore, comme avant, de saisir chaque instant comme une occasion d’explorer tes désirs pour les assimiler aux miens.

Qu’est-ce que j’ai envie de faire de ma vie maintenant que tu n’es plus là ? Il faut que je me renouvelle, que je fasse réapparaitre les moyens de mon émancipation, que je retrouve ma propre vérité, que je redevienne  l’acteur de ma vie pour l’accepter et l’inscrire dans la durée !

Il ne s’agit pas d’avoir une vie étonnante, mais de pouvoir ressentir que la vie que l’on mène, celle qui paraît ordinaire aux yeux des autres, est bien sa vie à soi. Ce sentiment est le fruit d’une quête permanente, mais croire que l’on peut tout avoir sans le moindre effort ou tout perdre dans l’indolence est une pensée infantile car elle décourage de tout tenter.

LE CŒUR EST L'UNIQUE VERITE, L'ESPRIT N'EST QU'UNE ETAPE…

SavalLd’Arvo 

23 avril 2016

C’ETAIT UN VENDREDI ORDINAIRE…

Là où le voile d’un soir aurait pu se coucher doucement sur une couleur tiède de fin de journée, le 17ème coup de semonce est venu s’abîmer sur la fonte de mon village.

Là, en quelques phrases meurtrières, tu es venue faucher ma plus belle histoire, mes si belles joies et mes si tendres espérances. Là, en plein cœur de tes absences répétées ses derniers années, toi si flamboyante, si vivante, si vraie, si nature, tu es sortie victorieuse de tes silences. Alors, la nuit m’est tombée dessus pour devenir subitement un crépuscule !

Tu pars dans le vent mais pas dans le vide parce que tu étais tellement en moi que je voulais que tu deviennes tout simplement moi !

Il faut que tu saches que tes rêves étaient mes rêves et que j’aurais absolument tout fait pour les réaliser ! Que je serais allé chercher tout au fond de moi ce qu’il y a de meilleur pour t’aimer par Amour dans la tolérance, la bonté et la bienveillance…

Si mes paroles te semblent étranges, c’est que ma peine est accablante, déchirante, et que mes mots ne sont pas assez forts pour exprimer ce que je ressens ! Essaye de les comprendre car je voudrais que tu te souviennes de moi, non pas comme une fin, mais comme un perpétuel recommencement car je te souhaite tout ce que je n’ai pas su te donner.

SavalLd’Arvo