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26 mai 2018

HEUREUX QUI COMME…

Il y a pire défaite que celle de disparaître de sa propre histoire : s’oublier soi-même et franchir le fleuve de l’oubli sans en avoir les pieds mouillés ! Les Grecs, ceux d’un autre temps, avaient trouvé un moyen d’accéder à la perpétuité en construisant des cités fantastiques, en couvrant le monde d’ouvrages sublimes, en concevant des systèmes politiques et des lois qu’ils pensaient immortelles… Puis les fables monothéistes apporteront leur remède pour calmer les angoisses en affirmant que quiconque pouvait prétendre au paradis !

Alors, abandonne l’idée insensée de la haute opinion que tu te fais de ta petite personne, délaisse les créatures creuses et ces prétendus magiciens qui tentent de te dévier de ta trajectoire, rejette à la mer les sirènes ensorcelantes qui n’ont qu’une hâte, celle de te faire oublier jusqu’à ton apparence pour te couvrir d’écailles argentées…

Depuis que les demi-dieux ne ressemblent plus à Ulysse, les sociétés dupliquent les héros qui leur ressemblent…

Savall d’Arvo

24 mai 2018

INCURSION RÉUSSIE

L’écrire et puis l’écrire à nouveau pour éviter l’errance. Non l’écriture n’est pas prête de s’éteindre. J’y ai trouvé gout et je ne suis pas prêt de m’en défaire. Bien au contraire, à force de s’allonger contre elle pour l’animer, la ranimer, elle devient l’éloge de mes humeurs expiatoires et réparatrices aussi.

Elle a pris pour siège le cœur, là où demeurent mes affects et mes amours entourées d’un tas de symboles. Là où l’on trouve les délaissés et deux amants qui se meurent puisque sans oxygène. Là où l’heure n’est jamais indiquée puisque c’est juste le présent qui compte, le présent du désir escompté.

Alors, à la pointe de ce jour nouveau, il est propice d’arpenter le possible en embarquant aux cotés de clandestins en attente de rapatriement et de fêter l’éphémère de ce morceau du monde qui se bouge, là et surement de l’autre côté ?

Savall d’Arvo

19 mai 2018

AMITIÉ SACRÉE !

Votre Ami est une pierre précieuse car il est le vaste champ que vous ensemencez et que vous devez moissonner avec reconnaissance.

Lorsque votre Ami vous révèle sa pensée, ne craignez pas le « non » de votre propre esprit et ne lui refusez surtout pas le « oui ». Lorsque votre Ami est silencieux, faîtes que votre coeur ne cesse de l’écouter car toutes attentes naissent souvent sans paroles et se partagent dans une satisfaction muette. Faîtes en sorte qu’il n’y ait pas d’obligeance car cet Amour qui chercherait autre chose que la révélation de son propre mystère ne serait plus qu’un simple filet jeté ou seul l’inutile serait pris.

Que le meilleur de vous-même soit pour votre Ami ! S’il doit connaître le reflux de votre marée, qu’il en connaisse aussi le flux, car à quoi bon un Ami si vous le cherchez seulement pour passer le temps ? Et dans la douceur de cette Amitié, qu’il y ait le rire et le partage des plaisirs.

Cherchez toujours votre Ami pour les heures vivantes, car il lui appartient de combler votre besoin et non votre vide. Lorsque vous vous séparez de votre Ami ou lorsque l’on vous sépare trop brusquement de lui, ne vous affligez pas, car ce que vous aimez le plus en lui peut vous apparaître très clair en son absence.

Vois tu, j’ai la forte conviction que la vie et l’amitié ne deviennent pas, mais qu’elles sont et qu’elles demeurent !

Savall d’Arvo

18 mai 2018

LES VIES ORDINAIRES N’EXISTENT PAS

Elles sont toutes singulières ! Les coïncidences comme les aléas auxquelles s’ajoutent les claques de la vie qui chahutent dans les plus exigus replis. Des existences entières, et surtout la mienne, coulent entre mes lignes, ciselées de quelques trais acérés je le reconnais, emportées par la houle de détails dont l’apparente banalité donne chair à l’anecdote.

Une escapade, un ailleurs mal contenu, d’étonnantes mosaïques composées de vertiges inassouvis, des frémissements intérieurs, des égos endommagés, des mémoires griffées d’énigmes maigres comme de lourds secrets, la dérisoire fourchette argentée dans le bec d’un opportuniste… et mes histoires, oui mes satanées histoires qui déferlent au matin creux en longue phrases que j’engloutie dans un flot irrésistible là où tout flotte au gré d’entractes imprévus !

Le temps d’une nuit d’insomnies et puis voici le calme du jour naissant qui annonce la résurrection d’un désir flanqué d’une parenthèse de grâce !

Savall d’Arvo

15 mai 2018

DU GRANIT NOIR AU MILIEU DE LA PRAIRIE

Comment ne pas devenir l’éternel vendeur de sa propre histoire pour faire ressentir au liseur que tu es le poids de cette insoutenable charpente.

Il fallait bien qu’un jour je parvienne à escalader ma montagne en sachant que la surprise serait de taille face à mon imaginaire éclaboussé de Lumières nouvelles.

Il fallait bien qu’un jour je sorte de mes limbes, de ce satanée quatuor de voix sublimes qui jouait à n’en plus finir pour un royaume rongé d’ombres édifié par le Grand Architecte. La crainte en fumerolles sur le pavé mosaïque de ma partition, la tourmente en stèles surprenantes, « Il » n’a de cesse que de tracer à l’équerre un univers enchanté qui m’est devenu absent.

Mais face aux 3 colonnes nous ne serons pas jugés par nos semblables puisque « l’œuvre » comprend notre douleur et nous console par le silence.

Je ne m’étais jamais rendu compte à quel point les âmes trépassent en proie à la rapacité des hommes et que le rédacteur que je pense être encore se doit d’en sonner maladroitement le glas ?

Savall d’Arvo

12 mai 2018

UN MONDE PERDU

Si pour un instant le Grand Architecte oubliait que je suis une marionnette de chiffon et m’offrait un nouveau morceau de vie, je profiterais de ce temps du mieux que je pourrais pour dire et te raconter…

Sans doute je ne te dirais pas tout ce que je pense, mais je penserais tout ce que je te dirais en me couchant face au soleil, en laissant à découvert pas seulement mon corps, mais aussi mon âme.

Je donnerais du prix aux choses, non pour ce qu’elles valent, mais pour ce qu’elles représentent. 

Et puis, je dormirais peu, et d’ailleurs c’est ce que je fais depuis pour percevoir davantage, sachant qu’en fermant les yeux, je perds 60 secondes de lumière à chaque minute qui passe.

Savall d’Arvo

10 mai 2018

ILE ET ELLE

Pour le théoricien « l’homme seul serait un homme vaincu » alors que je me situe dans son contraire : « seul, échappes toi un moment et converse avec toi-même » et tu sais à quel point je suis un adepte du langage et j’aurais même tendance à affirmer que dans ce monde saturé par une communication démesurée, notre soif d’isolement n’est qu’une parenthèse, histoire de se recentrer sur son essentiel avant de revenir, par la force des choses, dans la fureur du monde !

A cela, j’ajoute : « Partir loin de tout pour se retrouver au plus près de soi » et nul besoin d’interminables et lointaines échappées selon les rites imposés, puisque là, entre deux rangs de mes vignes, loin du monde et au plus près du mien, je hisse ma voile, mes 70 balais et suis dans mes voyages… ceux qui nourrissent autant mes sens que mon esprit que je tente encore d’équilibrer !

Savall d’Arvo