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03 août 2014

TRÈS ÉTRANGE ÉTÉ

« Il reste un mois, six semaines au plus, pour prendre et expliquer ces décisions si lâchement négligées, si honteusement bâclées par les Présidents précédents, et que l’actuel n’a pas encore prises. Elles sont d’autant plus urgentes que la situation du pays est dramatique ; bien plus qu’on veut bien le reconnaître ; bien plus qu’on essaie de le cacher par mille diversions : la croissance n’est pas là ; le chômage augmente ; les déficits s’entêtent à ne pas baisser, malgré des efforts d’économie ; la dette publique ne se réduit pas. Le commerce extérieur ne s’améliore pas ; nos élites s’en vont ; et celles qui restent baissent les bras. L’extrême droite s’installe dans les villes et les quartiers.

Le pays tout entier se décompose en une juxtaposition de castes, de communautés, de corporations, de provinces, de générations, à qui personne n’explique qu’elles auront, quoiqu’elles fassent, le même destin. A qui personne n’explique, non plus, le formidable avenir qu’elles peuvent avoir ensemble, si elles s’en donnent le projet. Il faut avoir maintenant le courage de penser à l’intérêt du pays et non pas à sa propre tranquillité, de mettre enfin le pays au courant de la tragédie qu’il s’apprête à vivre, de lui montrer le chemin, démocratique, vers sa grandeur et sa sécurité. »

 

j@attali.com

01 août 2014

MATIN CHAGRIN

Pendant que des chefs d’Etats s’amusent et abusent de leur monopole au monopoli…

Pendant que des milliards se jouent sur les stades pour une coupe du monde…

Pendant que des avions tombent comme des mouches…

Pendant que des femmes et des gosses tombent chaque jour et chaque nuit sous les bombes…

Pendant que les plus riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres…

Pendant que des millions d’humains se nourrissent sur des tas d’ordures…

Pendant que la France se décompose en commémorant ses morts sans se préoccuper de ses vivants…

Moi, tranquille comme Baptiste, je m’essaye à mes essais en ces premières heures du mois d’août…

Voulez-vous que je vous dise : y a des jours que je ne supporte plus de vivre !

 

Savall d’Arvo

09 juillet 2014

HYMNE A LA JOIE

« La lumière faisait rage et traquait les audacieux. Il pleuvait des rayons. Le soleil s’était assis sur la ville. Les rues fermentaient sous l’étreinte. Une chaleur insoutenable et précise, irradiant les façades, enveloppant les ponts, inondait les chemises, portait la poisse, énervait les tempes, réchauffait les salades, exaltait une odeur d’aisselles, découvrait des mollets roses et la trace de nos pas dans les creux de l’asphalte.

 

C’est alors qu’apparurent de gros nuages noirs et généreux, et que roucoula, comme une promesse, le roulement salvateur du tonnerre, bientôt suivi d’une averse délicieuse, abondante et fraîche qui, d’un geste, rendit la ville à sa lumière, « comme si les arbres, les maisons, les visages, l’eau et le ciel avaient été nettoyés, comme si tout était devenu propre, renouvelé, rafraîchi »

 

Sous l’eau dégouttant des balcons, chaque chose reprit sa place, claire et profonde, et le ciel gris dense s’ouvrit, dans un sourire, aux tiges diamantines du soleil reparu. Un arc-en-ciel, enfin, découpant la lumière, scella de nouveau l’alliance précaire de l’homme avec Dieu, c’est-à-dire la nature.

 

Et, dans cette allégresse que j’ai ressentie hier, le monde m’est apparu dans une autre lumière, dans une lumière toute neuve… La joie est un don du ciel. »

 

Après le beau temps, la pluie... le renouveau !

Après rien ou presque, TOI, rien que TOI et l'ivresse !

 

Savall à la Gloire d’IONESCO