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02 juillet 2016

TERRES ANCESTRALES

Je suis planté là sur une butte d’argile entre des rangs de vignes. Je frémis à l’idée qu’un jour je ne puisse encore m’enivrer de cette tramontane chargée de souffrances, de croyances et de tant d’existences !

Les miens se sont enivrés jusqu’à plus soif pour purifier les perles qui ruisselaient de leur front comme de leurs yeux ! Je les laisse m’occuper par leur dénuement et quelques fois de leurs rires. Je médite sur ce vide d’amplitude qui me pénètre de toutes leurs lassitudes. Je vois ma mère et ses yeux azur enveloppés de mèches blondes… Aucune explication franche, une vague submerge mon âme ! Aucun sens à ce désir de suspendre le temps qui sévit dans ma tête.

Et puis, il fallait que je revienne dans mon pays d’origine pour m’offrir les charmes d’un nouveau sevrage. Je savais qu’il fallait que j’entreprenne ce retour pour entendre battre mon cœur et le faire jaillir de désirs et de paix ! Je me devais de me charger d’émotions sous ce ciel divinatoire ! J’avais besoin de me rallier à la fougue de mes histoires ancestrales puisqu’il paraît que quand la tête ne suit plus, il arrive d’entrevoir les choses du passé ?

Alors, je prends le risque de l’ascension pour espérer croiser les miens et me présenter à eux dans le plus simple des achèvements. Je veux retrouver le périple solitaire et cohabiter avec mes chers absents ! Et puis, j’exhume des idées burlesques et je croupis sur le reste. Tu sais foncièrement que j’additionne mes heures passées dans le dessein d’échafauder un ultime périple. Je me dérobe et cherche le cloisonnement dans des discussions stériles. L’offensive du quotidien me gagne ! Je m’intéresse aux broutilles de tous les jours et en oublie la fin. Je me surprends à singer l’existence.

A vous mes chers invisibles… et puis à toi ma terre occitane aux odeurs de mire et d’encens de nos cathédrales ! Je sais qu’il y a en toi de la vie profonde, de l’espérance lorsque je conduis mon âme arrosée par les faisceaux d’un soleil rédempteur.

J’ai parfaitement conscience que je vis tous les jours le premier jour de la fin de ma vie ! Je sais que chaque jour m’affine et que si je glisse doucement sur la pente douce, je ne suis surtout pas sans issues !

SavalLd’Arvo

20 juin 2016

UNE JOURNEE SI PARTICULIERE

Si j'avais eu la conscience suffisamment claire et les mots suffisamment nuancés pour l'exprimer, j'aurais aimé te dire que nous sommes là pour explorer, découvrir et partager ce qu'il y a de meilleur en nous.

Chacun possède un trésor !

Alors sois consciente du tien et, en même temps, reste ouverte, attentive à recevoir celui des autres, disposée à apprendre et à te remettre en question. 

Cherche la vérité, même celle qui te semble la plus insignifiante. Cherche la bonté en accueillant aussi ta fragilité, ta vulnérabilité et ton ombre, de sorte d'être à même d'accueillir celles des autres. 

Occupe joyeusement ta place : il y a de la place pour chacun, sinon ni toi ni moi n’en serions là. Pense que la place que tu n'occupes pas reste vide à jamais et réjouis-toi que chacun occupe pleinement la sienne autour de toi.

La puissance de la vie, écrit Balzac, varie de la mollesse d’une éponge mouillée à la dureté d’une pierre ponce.

SavalLd’Arvo

18 juin 2016

LA CRISE DES ANES

Un homme portant cravate se présenta un jour dans un village. Monté sur une caisse, il cria à qui voulait l'entendre qu'il achèterait cash 100 € l'unité tous les ânes qu'on lui proposerait. Les paysans le trouvaient bien peu étrange mais son prix était très intéressant et ceux qui topaient avec lui repartaient le portefeuille rebondi, la mine réjouie.

Il revint le lendemain et offrit cette fois 150 € par tête, et là encore une grande partie des habitants lui vendirent leurs bêtes. Les jours suivants, il offrit 300 € et ceux qui ne l'avaient pas encore fait vendirent les derniers ânes existants.

Constatant qu'il n'en restait plus un seul, il fit savoir qu'il reviendrait les acheter 500 € dans huit jours et il quitta le village. Le lendemain, il confia à son associé le troupeau qu'il venait d'acheter et l'envoya dans ce même village avec ordre de revendre les bêtes 400 € l'unité. Face à la possibilité de faire un bénéfice de 100 € dès la semaine suivante, tous les villageois rachetèrent leur âne quatre fois le prix qu'ils l'avaient vendu et pour ce faire, tous empruntèrent !

Comme il fallait s'y attendre, les deux hommes d'affaire s'en allèrent prendre des vacances méritées dans un paradis fiscal et tous les villageois se retrouvèrent avec des ânes sans valeur, endettés jusqu'au cou, ruinés. Les malheureux tentèrent vainement de les revendre pour rembourser leur emprunt.

Le cours de l'âne s'effondra. Les animaux furent saisis puis loués à leurs précédents propriétaires par le banquier. Celui-ci pourtant s'en alla pleurer auprès du maire en expliquant que s'il ne rentrait pas dans ses fonds, il serait ruiné lui aussi et devrait exiger le remboursement immédiat de tous les prêts accordés à la commune.

Pour éviter ce désastre, le Maire, au lieu de donner de l'argent aux habitants du village pour qu'ils paient leurs dettes, le donna au banquier, ami intime et premier adjoint, soit dit en passant. Or celui-ci, après avoir rétabli sa trésorerie, ne fit pas pour autant un trait sur les dettes des villageois ni sur celles de la commune et tous se trouvèrent proches du surendettement.
Voyant sa note en passe d'être dégradée et pris à la gorge par les taux d'intérêts, la commune demanda l'aide des communes voisines, mais ces dernières lui répondirent qu'elles ne pouvaient en aucun cas l'aider car elles avaient connu les mêmes infortunes.

Sur les conseils avisés et désintéressés du banquier, toutes décidèrent de réduire leurs dépenses : moins d'argent pour les écoles, pour les programmes sociaux, la voirie, la police municipale... On repoussa l'âge de départ à la retraite, on supprima des postes d'employés communaux, on baissa les salaires et parallèlement on augmenta les impôts.

C'était, disait-on, inévitable mais on promit de moraliser ce scandaleux commerce des ânes. Cette triste histoire prend tout son sel, quand on sait que le banquier et les deux escrocs sont frères et vivent ensemble sur une île des Bermudes, achetée à la sueur de leur front. On les appelle les frères Marchés.
Très généreusement, ils ont promis de subventionner la campagne électorale des maires sortants. Cette histoire n'est toutefois pas finie car on ignore ce que firent les villageois. Et vous, qu'auriez-vous fait à leur place ? Que ferez-vous pour nous retrouver tous sur la place du village ?

04 juin 2016

JE VOUS PARLE D’UN TEMPS…

Le temps va te voler des amis qui finiront par t'oublier, qui ne vont même plus te regarder dans les yeux, qui vont faire comme si ils ne te connaissaient pas et qui vont tellement changer que tu auras l'impression de ne plus les connaître.

Le temps va te voler des souvenirs, des souvenirs d'amours, d'amitiés, d'enfances, des souvenirs inoubliables mais qui s'échapperont de ta mémoire et deviendront de plus en plus flous jusqu'à ne plus exister. Il va te voler des centaines de moments de joie, d'amour et de rencontres, telle la mienne. Il va te prendre ton enfance, ton adolescence, tes rêves, tes illusions, tes projets. Il va te prendre des personnes à qui tu tiens et qu'il ne te rendra sans doute jamais, même si tu les pensais si proches de toi, même si tu pensais que "pour toujours" ils existaient. Le temps va te faire comprendre que rien n'est éternel, que tout à une fin.

Il va tout faire pour que tu te perdes, pour que tu ne retrouves plus le chemin, pour que tu ne saches plus exactement qui tu es, ni qui tu seras. Il va te laisser des cicatrices qui ne partiront jamais, ou qui s'effaceront difficilement. Il va bouleverser ta façon de penser, d'aimer, de rire, de sourire. Il va aussi te faire grandir et va faire de toi quelqu'un de différent, quelqu'un que tu n'as jamais été.

Mais le temps te fera mûrir et t'apprendra à profiter du moment présent pour que jamais tu ne regrettes de ne pas l'avoir fait à temps.

Ton temps est précieux... précieux comme un diamant donc fait en sorte d'en prendre soin. Quant à celui que je t’ai consacré, il t’échappera lui aussi, ce n’est qu’une question de temps.

SavazlLd’Arvo

28 mai 2016

RESSUSCITER D’UN TOUT

En pensant combler mes manques, je trouvais un sens à mon existence et en étant aimé en retour, je croyais mes manques comblés. Un sentiment de vide, submergé par le châtiment inepte, perdu dans un monde en ruine, dévasté. Un moment de vertige parfois vécu comme un passage du tout au rien.

L’enjeu narcissique est alors si important que la réponse est dans la dépréciation ou dans l’élégante impatience de ne plus essayer de te convaincre parce que tu es devenue étanche à la beauté comme à la bonté !

Décidément, l’être humain a une grande difficulté à se définir par lui-même et il est bien difficile d’envisager les bénéfices secondaires d’un chagrin d’amour qui nous emporte. Et pourtant, encore et encore, ne serait-ce pas aussi l’occasion d’une renaissance ?

L’albatros a du plomb dans l’aile au point de tourner en rond désespérément sans espoir de se poser. Alors, quand le voile se déchire pour de bon, il réalise qu’il est existentiellement incomplet.

Il faut impérativement que l’oiseau des mers que je suis devenu, les yeux embués probablement par les alizés, se remette face au vent du grand large pour déployer sa voilure et vivre de nouvelles aventures, mais ça c’est une autre histoire que je ne pourrais plus jamais te conter !

Bon vent et merci de m’avoir laissé croire à l’infini…

SavalLd’Arvo

17 mai 2016

LE CHEMIN DE GUERISON N'EST PAS FACILE

Il faut du courage pour s'affronter et sortir ce qui est enfoui en nous, et parfois ça fait même très mal ! Mais c'est le seul chemin pour s'en libérer, juste accepter et se donner du temps.

Arrive un jour, où tout s'éclaircit et devient léger, et un sentiment d'immense paix intérieure vient remplir ce qui nous a si longtemps torturé et déchiré.

Donner du temps au temps, le chemin de guérison demande du temps pour cicatriser, mais c'est le seul et unique chemin pour se reconstruire et soigner ses blessures.

Celui qui se fuit ne pourra jamais se guérir, la guérison demande courage et volonté et surtout authenticité envers soi-même.

Un cœur blessé se soigne, une âme en peine retrouve sa paix, ce n'est qu'une question de temps à celui qui ose se mettre face à lui-même.

SavalLd’Arvo

24 avril 2016

LA PAROLE PERDUE

Une nuit froide dehors comme en dedans, comme le sont toutes les autres depuis quelques temps. Mais cette dernière m’a laissé entrevoir le brouillard de ma nouvelle existence. Ma vie est trop suspendue à ton humeur, celle qui te rend si détestable, mais celle aussi qui me fait réaliser que lorsque je subis ma vie, je pèse sur celle des autres et notamment sur la tienne.

Tout est flou, informe, et pourtant je tente encore, comme avant, de saisir chaque instant comme une occasion d’explorer tes désirs pour les assimiler aux miens.

Qu’est-ce que j’ai envie de faire de ma vie maintenant que tu n’es plus là ? Il faut que je me renouvelle, que je fasse réapparaitre les moyens de mon émancipation, que je retrouve ma propre vérité, que je redevienne  l’acteur de ma vie pour l’accepter et l’inscrire dans la durée !

Il ne s’agit pas d’avoir une vie étonnante, mais de pouvoir ressentir que la vie que l’on mène, celle qui paraît ordinaire aux yeux des autres, est bien sa vie à soi. Ce sentiment est le fruit d’une quête permanente, mais croire que l’on peut tout avoir sans le moindre effort ou tout perdre dans l’indolence est une pensée infantile car elle décourage de tout tenter.

LE CŒUR EST L'UNIQUE VERITE, L'ESPRIT N'EST QU'UNE ETAPE…

SavalLd’Arvo